Les métiers du Web : un socle commun de compétences ?

Pour concrétiser un projet professionnel ambitieux dans les métiers de la Tech, faut-il être hyperspécialisé ou au contraire être un touche-à-tout du numérique ? La question se pose à toutes les étudiantes et étudiants, qui prennent rapidement conscience que l’organisation verticale et très encadrée n’a plus lieu d’être dans l’économie 2.0

 

L’écosystème du numérique, bien plus qu’une addition de compétences

 

Depuis plusieurs décennies maintenant, les observateurs de l’économie numérique confirment que les nouvelles compétences se multiplient à un rythme de plus en plus rapide. Pour certains, 2 métiers sur 3 des prochaines décennies n’existent pas encore aujourd’hui, et on peut donc légitimement supposer que les nouvelles compétences du Web de demain seront bien différentes de celles caractérisant l’univers des start-up et autres licornes d’aujourd’hui.

En revanche, il serait trompeur de croire, que ces nouvelles compétences s’ajoutent simplement à celles déjà existantes. Tantôt évolution tantôt remplacement, les savoir-faire de ces métiers de la Tech sont complexes. Ainsi, un développeur Web des années 2000 ou 2010 se concentraient sur des compétences techniques, auxquelles se sont ajoutées, au fil des années, des exigences en matière d’optimisation de l’expérience utilisateur. L’approche UX ou UI s’est imposée comme incontournable sans pour autant remettre en cause la nécessité de maitriser les bases du développement Web. Le Web design a ainsi connu une profonde transformation, sans laisser la possibilité de dresser une hiérarchie des compétences nécessaires.

Face à cet accroissement continu des compétences socles (pour chaque métier du Web, des connaissances spécifiques de plus en plus nombreuses sont exigées) s’est ajoutée une nouvelle tendance de cet écosystème du numérique : le travail en mode projet ou en mode transverse.


Pouvoir s’appuyer sur des compétences partagées, le socle pour réussir à travailler en mode projet

 

Les innovations techniques ou technologiques, comme la Blockchain ou encore l’Intelligence artificielle, sont de plus en plus rapides pour se substituer à d’autres plus anciennes. Dans le même temps, l’apparition de nouveaux outils ou le perfectionnement de certains logiciels se sont eux-aussi accélérés. Ces transformations concernent toute la chaine de valeur de l’écosystème de la Tech. Ainsi si le Machine Learning et l’Intelligence artificielle ont engendré la généralisation de l’Internet des Objets (et un Architecte Digital en 2022 ne peut plus ignorer cet aspect de cet environnement technique), ils ont aussi conduit à la multiplication des données acquises et donc à traiter, faisant de la Data Science un levier important de croissance et d’opportunités. Et que dire de l’influence de ces innovations sur Le Webmarketing, devenant peu à peu prédictif et impliquant une maitrise de nouvelles compétences. Cette porosité des métiers du Web et du numérique implique donc nécessairement un socle de compétences socles, communes à tous les experts du Digital. Une porosité, qui est appelée à prendre de plus en plus d’importance.

Un Expert du numérique, aussi spécialisé soit-il, ne peut prétendre à un parcours professionnel ambitieux s’il ne maitrise pas ce socle commun.

 

Étudier en alternance dans le numérique, la voie privilégiée pour être opérationnel

 

Enfin, la tendance consistant à adopter le travail en mode projet renforce cette nécessité de comprendre les compétences de tous les collaborateurs, afin d’en saisir les contraintes et les exigences. En d’autres termes, les acteurs économiques privilégient les profils multi-compétences à ceux de spécialistes, déconnectés de la réalité de l’entreprise.

Et cet élargissement des compétences à acquérir suppose de privilégier l’approche opérationnelle plutôt qu’une simple approche théorique. Seule la mise en situation permet de prendre conscience de ces interactions entre les différents experts ou les différents spécialistes de l’entreprise. Traditionnellement, ces compétences multiples s’acquéraient au cours de l’expérience professionnelle de chacune et chacun, alors qu’en 2022, les entreprises recherchent des candidats immédiatement opérationnels et donc parfaitement formés à ces obligations multitâches du quotidien.

Il serait illusoire de vouloir dresser une liste exhaustive des compétences composant ce socle commun. En revanche, on peut souligner que ce dernier s’acquiert davantage par ce que l’on peut désigner par le « Learning by doing », un enseignement reposant sur la pratique professionnelle. N’est-ce pas tout l’enjeu des études par alternance, qui se généralisent dans les écoles du Web et dans tout cursus lié aux métiers de la Tech ?