Le digital et le web, des secteurs sexistes ? La place des femmes dans le numérique

Garantir des débouchés variés pour ses étudiantes et ses étudiants, l’ambition de la Digital School of Paris est bien connue de tous. Mais en tant qu’école du Web et du Digital, nous ambitionnons aussi d’accompagner les changements induits par la digitalisation de nos sociétés, y compris lorsque ces sujets peuvent se révéler problématiques. Le numérique est-il marqué par le sexisme ? La question se pose au vu de la place faite aux femmes dans le secteur.

 

Le numérique est-il un domaine sexiste ? Des questions et des réponses à connaitre

Lorsque l’on évoque les attraits d’une école du Digital ou  les opportunités pour les métiers du web, c’est, le plus souvent, pour souligner les innovations permanentes, les promesses d’une carrière passionnante, les perspectives ambitieuses pour les candidats de valeur, … En revanche, on passe souvent sous silence les dérives, constatées dans cet univers du web. C’est ainsi, que la 2ème journée nationale Ensemble contre le sexisme est revenue sur une problématique peu médiatisée : le sexisme dans le numérique ou la place des femmes dans l’économie digitale.

Secteur stratégique et secteur d’avenir, l’industrie numérique n’est pas un métier féminin, loin de là. Si 30 % des informaticiens étaient des informaticiennes au début des années 1990, les femmes de ne représentent plus, en 2018, que 15 % de la profession.  Et la tendance semble s’annoncer comme durable, puisque les filières de formation au numérique et au digital incluent 90 % d’hommes.

 

La place faite aux femmes dans l’univers du Web et dans le Digital

C’est dans le cadre de cette journée, que Soumia Malinbaum, directrice associée chez Keyrus, membre du conseil d'administration du Syntec Numérique et fondatrice de l'Association française des managers de la diversité s’est étonnée de cette situation faite aux femmes : « Ainsi, non seulement la filière souffre globalement d'un manque de talents, mais elle se prive de 50 % de la population. (…) Ce phénomène s'explique par des stéréotypes profondément ancrés.». Qui peut expliquer, autrement que par le sexisme, que seuls 9 % des créateurs de start-ups soient des femmes ? La question est posée, et appelle une réponse qui tarde à venir, à un moment où le monde du web connait une profonde mutation avec l’avènement de l’intelligence artificielle, l’émergence du Machine Learning ou encore la généralisation de la Blockchain dans tous les secteurs de l’économie numérique.

 

L’école du Web pour briser les clichés et les stéréotypes en tout genre

L’image du geek, qui reste tout au long de la journée devant son écran, fait partie de ces stéréotypes, bien ancrés dans l’imaginaire collectif et donc dans l’esprit des femmes.  Choisir entre une carrière prometteuse (et les métiers du web constituent bien l’opportunité d’un avenir prometteur) et la promesse d’une vie sociale inexistante (rester derrière un écran n’a jamais facilité la vie sociale)  est un dilemme vite solutionné. Si le talent dans le numérique n’a pas de sexe, il faut éduquer et sensibiliser toute la population à cette problématique, en décrivant la réalité du milieu et du secteur d’activité. N’est-ce pas l’ambition du projet Femmes Numériques.fr ,lancé en grandes pompes en juin dernier en présence de 4 Ministres et de Brigitte Macron. Promouvoir la place des femmes dans le secteur numérique n’est ainsi pas présenté comme une option mais comme une nécessité, si on ne souhaite pas perdre en efficacité et en efficience.

Avec une estimation de plus de 200.000 postes à pouvoir dans les 5 années à venir, la question de la place des femmes dans le numérique est aussi une question hautement économique. Et cela commence par un changement de mentalités. Ce dernier doit être visible dans les entreprises bien évidemment, mais aussi dans chaque école du Web. Car en matière de prévention des discriminations en tout genre (et le sexisme reste une des principales discriminations de notre société actuelle), l’école du Web et plus généralement l’école tout court reste la meilleure solution. A la Digital School of Paris, nous l’avons bien compris, et vous ?

 

Et vous, ressentez-vous ce manque de mixité comme une perte de chance ? Quels seraient selon vous les moyens à mettre en œuvre pour y remédier ?